Les verrières de De Matteis,
dans l’Hôtel Porta Rossa

 

L E hall et le salon de cet établissement historique (première mention en 1386, cité à partir de 1858 comme la « Locanda Porta Rossa »), présentent un ensemble de verrières encore en place dans le décor architectural d’origine. Elles furent réalisées par les établissements de Ulisse De Matteis, et probablement De Matteis lui-même, autour de 1900. Son atelier, fondé à Florence en 1859, a eu un grand rôle dans la restauration nombreux de monuments publics à Florence.

Ulisse De Matteis naquit à Florence en 1828, et fit des études à l’Accademia di Belle Arti de Florence. Son professeur, Stefano Ussi, avait partagé avec lui quelques mois en tant que prisonnier de guerre, lors de la première guerre d’indépendance contre l’Autriche, à la fin des années 1840. D'abord peintre, il fit une bien plus longue carrière d’entrepreneur et de maître verrier. Avec lui, ses frères et son épouse travaillèrent à l’Atelier, via Guelfa, à partir de 1859.

Une nécrologie parue dans le Corriere della Sera en 1910, et le catalogue que, après sa mort, son successeur en tant que directeur artistique de l’Atelier, Ezio Giovanozzi, fit exécuter, nous renseignent sur son activité. Nombreuses furent les commandes et les réalisations, aussi bien dans le domaine privé que dans le domaine public. La société fut impliquée dans la restauration et la reconstitution de verrières dans Santa Maria Novella, en particulier une Nativité, et la restauration de la grande verrière de l’abside. Cette restauration eut lieu a peu près en même temps que la création des verrières de l’Hôtel Porta Rossa.

En grande partie inspirées de la Renaissance, ces verrières sont très cohérentes avec le style du Palais Bartolini, et sont proches de quatre autres verrières conservées à Birmingham aux Etats-Unis, par le style comme par les tonalités. Ces « reproductions » de peintures et thèmes de la Renaissance ont procuré à l’Atelier De Matteis une bonne part de se rentrées, car elles étaient très à la mode, et facilement commercialisables auprès de privés ou d’institutions publiques. Le Risorgimento et le style néo-Renaissance ont été la fortune de l’Atelier.

Chacune des portes vitrées d’accès au hall de l’Hôtel Porta Rossa est en deux parties : sur chacune d’entre elles ont trouve une représentation d’un visage de femme ailée, rappelant le style classique et les représentations en céramique de l’époque romaine tardive.

Les séparés qui coupent en deux la réception du salon d’entrée, en bois de noyer, portent des représentations inspirées par la Venus de Botticelli conservée aux Offices, et par la Flora du même, conservée au Musée de Chantilly.

 

Au plafond du salon, un vitrail polychrome de couverture éclaire et couvre ce qui fut autrefois une cour intérieure, la transformant en jardin d’hiver. En son milieu, la porte rouge, Porta Rossa, emblème de l’Hôtel, de la rue et de l’Arte della Seta, qui y avait son siège au Moyen-Age, et qui résonne agréablement avec le style Renaissance du décor.